Quel est l’état des lieux des SSTI en Ile-de-France ?

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L’Ile-de-France compte 27 services de santé au travail interentreprises soit 13 % des SSTI du territoire national pour 4 630 000 salariés inscrits au régime général de la sécurité sociale et répartis dans quelques 500 000 entreprises sur 8 départements. L’effectif moyen suivi par les SSTI est de 10 salariés

par établissement, c’est un foisonnement qui complique l’amélioration de la qualité individuelle et collective de
nos actions. La démographie médicale (médecins du travail) doit régresser de 20 % sur les trois prochaines années et donc profondément modifi er le périmètre médecins/salariés surveillés. Pour développer notre pluridisciplinarité et faire évoluer notre apport dans l’évaluation des risques professionnels, nous devons sans cesse trouver un équilibre entre médecins, infi rmiers, préventeurs en fonction de l’évolution géographique des risques. A cet effet, le nombre d’infi rmiers a été multiplié par 2,5 en 17 mois et les préventeurs et assistants de santé au travail voient leur nombre progresser de près de 40 %. Chaque SSTI élabore un projet de service, phase préparatoire à la délivrance d’un agrément délivré par la DIRECCTE IDF. Ensuite, une feuille de route, le « contrat pluriannuel d’objectif et de moyens », doit être conclue avec la CRAMIF pour une durée de 5 ans ; le tout avec une recherche d’équilibre financier diffi cile au regard des désidératas opérationnels croissants…

 

Comment articuler le suivi individuel et l’approche collective dans votre mission ?

Pour préserver la santé mentale et physique des salariés, la démarche de prévention individuelle et collective implique une réorientation de nos priorités et une réadaptation de notre offre de services. L’évaluation des risques professionnels en entreprise constitue désormais notre principal axe de prévention (« prévention primaire »). Pour permettre l’approche collective de nos équipes dans les entreprises en fonction
de leur métier et de l’exposition de leurs salariés, nous devons poursuivre l’élargissement de nos compétences pluridisciplinaires
et revoir le temps imparti aux « visites médicales ». Sur ce point il nous faut prioriser les examens de pré-reprise et reprise du travail pour prévenir les cas d’inaptitude et les suivis médicaux renforcés pour les salariés les plus exposés.


Les visites dites périodiques seront dorénavant espacées de 4 ans avec une intermédiation tous les 2 ans sur la base d’entretien infi rmier et sous le contrôle du médecin du travail référent.

 


Quelles sont les priorités d’actions ?

Devant le constat de pénurie de la ressource médicale, il est impératif de recombiner nos compétences pluridisciplinaires (médecins, infi rmiers, IPRP, ATST...). Dans l’esprit de la loi, une de nos priorités est de prévenir la désinsertion professionnelle (PDP) et de contribuer au maintien dans l’emploi des salariés. Cet objectif nécessite la conjugaison du champ professionnel, médical et social. Dans ce cadre, nos actions vont consister à encourager la mise en place d’une entité et d’une procédure «PDP » en collaboration avec la CRAMIF, promouvoir une réunion annuelle avec les entreprises, favoriser le travail en réseau notamment avec les SAMETH, et optimiser le recours à l’examen de préreprise.

Par ailleurs, dans une logique de l’amont, nos engagements dans la prévention concerneront :

• Les Troubles Musculo-Squelettiques (TMS), en tenant compte des facteurs biomécaniques (manutention, postures contraignantes, affections périarticulaires) dans les secteurs du Commerce et de l’Industrie notamment ;


• Les risques Cancérigènes, Mutagènes, Reprotoxiques (CMR), en désignant un référent, en conduisant des actions d’évaluation, d’information
et sensibilisation auprès des entreprises, en mutualisant les connaissances avec la CRAMIF et le GIE régional pour le repérage des CMR ;


• Le risque Routier, en construisant un outil de connaissance pour les entreprises, outil d’évaluation et de prise en compte, et en accompagnant la réalisation d’un plan d’actions.


• Et les risques Psycho-Sociaux (RPS), en termes de dépistage et de niveau de prévention adaptée en fonction des organisations, des situations et des personnes...

 


Et s’agissant des actions ciblées vers les TPE ?

Tout d’abord pour bien comprendre le challenge, il convient de rappeler que pour l’Ile-de-France ainsi que sur le plan national, 80 % des entreprises suivies par les SSTI ont moins de 10 salariés et 90 % moins de 20 salariés… Dans ces entités, nous ne disposons pas des relais
CHSCT et la nomination des « Référents santé-sécurité » en entreprise découlant de la loi de juillet 2011 est pour l’instant à l’état embryonnaire. Notre action va donc consister tout d’abord à aider, grâce nos assistants de santé au travail et nos IPRP, à l’élaboration du Document Unique - « ADN du risque » - puis ensuite à développer des thématiques et des ateliers sur la formation des référents avec une participation effective des entreprises. Pour rester en contact avec les TPE, nous devons aussi développer nos outils de communication et d’information et consacrer du temps au « SAV » de ceux qui constituent l’écart entre le volume le plus important et la valeur la moins importante de la sollicitation de nos services. Notre message est « la santé dans votre entreprise, c’est notre travail »…

 

Interview de Jackie Depierre dans le numéro de mai/juin 2015 de Agir Magazine

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